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Mes débuts en club échangiste - Histoire libertine | Instant Charnel

20 Nov 2017 | Par Moderatrice
La villa est si grande que Muriel en perd son sens de l’orientation. Elle s’affole, un peu décontenancée par tout ce qu’elle y voit. Partout où elle va, ce n’est que débauche et luxure. La soirée a vite dégénéré en joyeuse pagaille orgiaque et échangisme débridé. Une femme de cinquante ans, serrée dans un pantalon et un boléro de satin jaune électrique, vient de faire tomber le slip de son jeune amant – de vingt ans son cadet – lui saisissant le sexe et le secouant avec une vigueur incroyable, comme cherchant à l’étirer davantage alors que ses proportions sont plus que considérables. Muriel en a mal pour lui. Plus loin, un superbe noir oscille sur place, les yeux révulsés, avec un mépris total du rythme, tandis que sa compagne, adossée au mur, le contemple avidement, emprisonnant de ses doigts le tissu de son pantalon, et serrant avec une insistance sans nuance la bosse qui s’y dessine. Juste à côté d’eux, un jeune couple se caresse mutuellement, à un stade plus avancé. C’est la femme qui a pris les initiatives en emprisonnant dans sa main l’énorme pénis de son compagnon, se penchant pour le prendre dans sa bouche avec un appétit vorace.

Muriel les dépasse vivement, prenant garde de se montrer la plus discrète. Étrangement  il règne dans toute cette débauche un respect total, où toute sollicitation est bannie, évitant ainsi les malaises et les conflits. Aucune proposition indécente ne lui a été imposée. Juste des regards insistants, dans l’attente de son approbation. Tous ces regards chargés de désir flattent son ego, elle se sent malgré elle la femme la plus belle et la plus désirable. Décidément, jamais elle n’aurait pensé un jour finir dans ce genre d’endroits, suite à étrange concours de circonstance aussi improbable qu’inattendu. Comment avait-elle pu se laisser embrigader là-dedans, entraînant son  mari aussi dans une soirée échangiste ? Tout cela pour l’épater, sortir de l’ordinaire, briser cette routine qui engluait leur couple dans une triste vérité. Après tout, qu’était la routine alors qu’ils avaient tout pour être heureux ? D’origine modeste, son mari Franck avait finalement réussi dans les affaires. Il menait une carrière brillante et elle l’avait toujours soutenu jusqu’au bout… Son agence immobilière était florissante alors même que Muriel connaissait un succès d’estime avec sa pièce de théâtre. Franck était motivé par un désir de se voir reconnu et de se hisser dans l’échelon social.  Muriel par l’amour de son métier. Sa passion, tout simplement… C’est pour fêter leur succès réciproque qu’ils avaient réussis à se libérer ensemble et se consacrer une soirée exceptionnelle, repas aux chandelles dans un grand restaurant gastronomique à l’ambiance feutrée et romantique. C’était il y a quelques heures à peine… Muriel se souvenait très bien de la mine boudeuse de son mari lorsqu’elle était revenue des toilettes avec un bristol qu’une femme, par colère, lui avait remis dans un geste impulsif, juste avant de sortir.

–          Mon copain est trop nul, un vrai dégonflé ! Alors si vous voulez vous éclater à notre place, ne vous gênez pas ! avait-elle balancé avant de claquer la porte.

Ainsi, avec l’invitation en main, Muriel avait rejoint sa table, un petit air effronté sur le visage. Ce genre de situation ne lui arrivait pas souvent et elle se sentait toute excitée comme à son premier rendez-vous galant.

–          Tiens, j’ai déjà une soirée prévue pour très bientôt, avait-elle dit en lui donnant l’invitation dans une mimique théâtrale.

Les sourcils de son mari s’étaient arqués dans une expression aussi interrogative que négative. Il n’aimait pas les imprévus.

–          Je ne crois pas que cela soit une bonne idée, avait-il évidemment répondu en lui refilant prestement le bristol comme si celui-ci lui brûlait les doigts.

Muriel avait ri de bonne humeur.

–          Allez, cela peut être marrant. Et cette invitation est pleine de mystère… Samedi soir à 22 heures, soirée Gourmandise à l’Alibi d’O !

–          Cela fait très club échangiste ! C’est plutôt inquiétant…

–          Ou simplement grande gastronomie ! La gourmandise d’une excellente cuisine par exemple…

–          Qu’est-ce que tu peux être naïve ! Je te le dis, moi… C’est un truc échangiste ou, pire, une secte étrange et inconnue comme il en existe tant !

–          Et alors ? Justement, un peu de folie ne nous fera pas de mal…

–          Et tu ne vois là rien de bizarre ? Et s’il y’avait du danger ? Surtout que, sur le carton d’invitation, il est précisé que c’est une soirée VIP et il est inscrit le nom des invités : Mr et Mm Delpuech. Or, petit problème, nous ne sommes pas ce couple-là !

–          Oh non, arrête d’être rabat-joie !

–          Evidemment, tu ne vois le mal nulle part ! Avec toi, tout le monde il est beau il est gentil ! Et cette femme, elle était comment ?

–          Belle, assez sexy… Rien d’une tueuse en série !

–          Très drôle !

–          Une femme d’une beauté ordinaire mais qui sait se mettre en valeur pour attirer les regards, avec bon goût. Elle était très en colère, traitant son compagnon de «  gros con  »  qui ne comprenait rien et qui allait la perdre s’il continuait à se la jouer vieux-jeu et râleur… Tiens, d’ailleurs, cela me rappelle quelqu’un ?

–          Encore très drôle !

–          Elle était si énervée qu’elle m’a donné son invitation sans réfléchir. En fait, pour dire la vérité, elle allait d’abord le jeter puis, au dernier moment, elle m’a vue, puis me l’a remis avant de sortir des WC en claquant la porte.

–          Comme ça ? Sans rien dire ?

–          Si, elle a dit un truc bizarre… Du genre : «  Tenez, vous ne le regretterez pas ! » C’est tout…

–          Voilà qui est bien mystérieux…

–          Et terriblement excitant !

–          On pourrait avant rentrer à la maison et jeter un coup d’œil sur internet. De nos jours, il vaut mieux être prudent…

–          Et où est l’imprévu et la spontanéité espèce de trouillard ! Non, soyons fous, si on y va c’est sans savoir où on met les pieds, de l’aventure et du danger bon sang !

Elle avait ri de bon cœur, un rire frais et communicatif qui l’a fait sourire malgré lui. Rien ne pourrait calmer l’excitation de sa femme. Muriel était enthousiaste de nature. Elle faisait partie de ces êtres rares qui se réjouissaient d’un rien, à la fois espiègle et rieuse, gardant son âme d’enfant naïve et spontanée. Comme il hésitait, elle l’observait avec insistance, un petit air coquin sur les lèvres. Finissant sa bouchée, une délicieuse truite au poivre vert, il avait demandé :

–          Qu’est-ce qu’il y’ a  encore ?

–           Tu te rends-compte ? Un Mas ? J’ai toujours rêvée de faire l’amour dans un grand et somptueux Mas ! Un fantasme que je pourrai enfin réaliser avec toi, le seul homme de ma vie !

Il en avala son poisson de travers. Puis, se reprenant, l’air faussement sérieux :

–          C’est quelle date déjà ? Oh, c’est cette nuit, quel hasard ! Je crois que nous n’avons rien de prévu après le repas, n’est-ce pas ?

Malgré lui, il s’esclaffa avec elle. Il ne pouvait pas lui résister. Sa joie de vivre rayonnait d’un éclat qui emportait tout. Son optimisme était une force, une tempête, un raz de marée. Et que dire de sa beauté encore plus lumineuse. Un mètre soixante cinq admirablement proportionné, bouche rieuse délicatement dessinée, yeux verts et cheveux d’or en cascade, Muriel avait un visage de poupée qui auréolait d’innocence. Avec un corps à provoquer l’arrêt cardiaque : une taille de guêpe, des jambes fuselées, des seins menus mais insolents, des fesses hautes et dures comme du granit… Dans n’importe quel vêtement, moulant ou pas, elle était inconsciente que chaque courbe gracieuse était une réelle incitation à la débauche.

Et, étrangement, cette nuit, dans cette ambiance chaude et électrique où tous les plaisirs semblaient possibles dans ce mas l’Alibi d’O qui était bien un club libertin, elle prenait réellement conscience de son pouvoir de séduction, de l’attrait et la fascination que sa beauté déclenchait tout autour d’elle. Tous ceux ou celles qui la dévoraient du regard rendaient hommage à sa beauté, un désir lancinant, brûlant de fièvre, qui la rendait fiévreuse, à nerf de peau… Et, encore plus étrange, aucun geste déplacé, aucune avance lourde ou vulgaire, mais du respect, une attente, comme si c’était elle qui pouvait décider du moment et du partenaire. Un sentiment de puissance qui la grisait un peu…

Elle slalome entre tous les couples enlacés qui, debout, assis ou allongés, s’adonnent avec délices aux plaisirs de la chair. Elle passe devant une porte ouverte d’où sortent des bruits suspects. Si des bruits peuvent exprimer la débauche et la luxure, ce sont bien cela. Muriel n’en a aucun doute malgré sa naïveté, surtout depuis quelques minutes où elle n’en a jamais vu autant de toute sa vie. Poussée par la curiosité, elle tourne la tête et aperçoit une brève seconde un dos splendide, d’une cambrure exceptionnelle, puis des fesses magnifiques, rondes et d’une blancheur éclatante, tout de suite cachées par une silhouette masculine qui se penche dessus, les palpant fermement avant d’y appuyer son bas-ventre d’un coup de reins, puis se déhanchant avec rage en poussant des grognements de plaisir. La femme pousse des cris saccadés en tortillant et reculant son splendide postérieur pour mieux se faire pénétrer. L’obscurité ne fait que suggérer la scène, ne la rendant que plus érotique. Malgré elle, Muriel s’est arrêtée, observant la scène. Ce spectacle la fascine. Ses yeux s’habituent à la pénombre et, brusquement, elle vacille sur place, comme frappée d’un coup de poignard en plein cœur. L’homme vient de tourner un peu la tête et elle vient de le reconnaître. C’est Franck, son mari. Un homme doux, gentil, réservé, un peu taciturne, mais un merveilleux mari plein d’amour et d’attention pour elle. Et il est là, entièrement nu, muscles tendus dans l’effort, le visage ruisselant de sueur, les traits figés par l’extase, le regard embué d’un désir primitif, en train de faire l’amour à une autre femme ! Ses premiers sentiments sont la colère, l’incompréhension, toute cette confusion à la fois qui lui fait mal et lui donne envie de pleurer. Elle retient ses larmes, se mord les lèvres jusqu’au sang. Son cœur, alors serré dans un étau à lui broyer la poitrine, se remet à battre à un rythme accéléré. Maintenant, il y’ a la tristesse et la culpabilité. Puis, enfin, la fatalité. Après tout, à quoi pouvait-elle s’attendre en se rendant dans une soirée privée entre couples échangistes ? Tout cela n’était-il pas de sa faute puisque c’est elle qui avait poussé son mari à l’accompagner ? Pour briser la routine ! Et voilà, elle était servie ! Ils venaient de se confronter à un monde qu’ils ignoraient et n’auraient jamais dû connaître, bouleversant  de façon irrémédiable leur petite vie bien rangée. Et, au lieu de fuir ventre à terre, se dépêchant de se détourner de toute forme de tentation, elle avait pris cela à la légère, elle avait joué avec le feu… Il semblait logique qu’elle en fasse les frais, même si tout dérapait avec une rapidité qui dépassait l’entendement. Au début, ils avaient joué les voyeurs, à la fois moqueurs et troublés par tous ce qu’ils voyaient… Quelques illusions, quelques défis, et son mari qui, pour la provoquer, ne faisait rien pour repousser les avances d’une splendide femme qui ne cessait de le draguer. Ce qui n’avait rien d’extraordinaire alors que son mari, un grand gaillard à la silhouette athlétique, à la peau sombre par ses origines congolaises, possédait un charme viril et exotique qui plaisait toujours aux femmes…

A son tout sollicitée par un homme assez séduisant, ils s’étaient ensuite perdus de vue, et elle était partie à sa recherche, peu inquiète en vérité, et tellement distraite par tout ce qui se passait autour d’elle…

La culpabilité ne cesse de la torturer, mais un autre sentiment indéfinissable s’y mêle, qui ressemble à une poussée d’adrénaline, à une excitation malsaine alors qu’elle ne cesse d’observer son mari avec cette autre femme. Pour des raisons obscures, elle se sent submergée par une violente bouffée de chaleur quand son mari plonge la tête sur la nuque de sa compagne, la léchant goulûment comme un animal affamé le ferait. Tenant solidement les hanches de sa partenaire, il accélère son va-et-vient, mêlant ses râles aux gémissements éperdus de celle qui se fait si délicieusement prendre par derrière. Muriel détourne vite les yeux, horriblement mal à l’aise de se sentir si excitée, mais une envie irrépressible la pousse à regarder de nouveau, et elle n’arrive plus à détacher son regard. La scène lui paraît violemment érotique, elle tremble nerveusement quand l’inconnue pousse un cri libérateur, gémissant ensuite sans discontinuer alors que l’orgasme la prend pour ne plus la lâcher. Muriel vibre à l’unisson, comme possédée à son tour. C’est comme si cette femme la prenait avec la même intensité. La rapidité avec laquelle cette femme enfouit après sa tête entre les cuisses de son mari est effrayante, comme si une faim tenace lui donnait envie de goûter à la source même du plaisir masculin, ce sexe encore dur et frémissant qui venait de la pénétrer. Jamais elle ne s’était permis de lui faire une fellation après la pénétration. D’ailleurs, elle ne se permettait pas grand chose… Au lit, elle était passionnée, fougueuse, démonstrative, démarrant assez vite dans une extase à la fois brève et intense, mais elle devait reconnaître que l’imagination et la perversité n’étaient pas son fort… Or, justement, cette inconnue lui donnait tout ce qui lui faisait défaut, et une jalousie insidieuse commence à monter en elle. Brusquement, elle sent une présence tous prés, derrière elle, un souffle sur sa nuque, un regard intense qui ne la lâche plus. Une personne lui susurre d’une voix douce :

–          Ton mari semble vraiment apprécier les faveurs de Margaux… C’est une gourmande, elle sait y faire, et tu as raison de partager son expérience… Rien de t’empêche ensuite de lui refaire la même chose, toute leçon est bonne à prendre…

Confuse, Muriel regarde ailleurs. Elle se sent coupable d’être partagée entre les remords et une excitation sans nom. Elle en a assez vu. Le temps des explications viendra plus tard. Elle veut avancer mais, avec aplomb, celle qui vient de lui parler lui barre le passage.

–   Jolie inconnue, il ne tient qu’à toi de partager le même bonheur avec moi. … Je peux te donner du plaisir comme aucun homme ne t’en a donné, de mille façons différentes. Jamais tu ne le regretteras.

Le désir de cette femme est si fort que cela en est contagieux, comme une fièvre qui la gagne à son tour. Grande, une beauté altière et sophistiquée, un visage carré au menton volontaire, c’est une femme qui inspire force et confiance. Sa voix est grave, caverneuse. Un amour passionné vibre dans cette voix, comme une délicieuse promesse qui lui donne la chair de poule. Désorientée, Muriel  articule  faiblement :

–    Jamais je n’aurais dû venir ici. Ce n’est pas un endroit pour moi. Je regrette…

–   Je sais… Cela fait un moment que je t’observe, et je vois bien que tu n’es pas habituée à fréquenter notre monde. Alors, agréablement surprise ?

Troublée, Muriel prend du temps pour observer cette femme. Vraiment, elle ne manque pas d’audace, même si son physique joue en sa faveur… Sans un mot, elle se détourne de l’inconnue et s’éloigne. Elle croise un couple qui, à moitié nu, se déplace en vacillant, îvre de désir. Puis, aussitôt après, un homme corpulent, tenant à peine sur ses jambes, perd l’équilibre et la percute de plein fouet, l’envoyant promener sans ménagement sur un fauteuil. Aussitôt, l’inconnue qui semblait la suivre se précipite à son secours, après avoir envoyé une insulte bien sentie à l’homme maladroit.

–     Oh, ça va ? Pas trop mal ?

Muriel grimace, se tenant l’épaule.

– J’ai mal à l’épaule gauche, c’est assez douloureux. Ici.

–    Fais voir.

Elle se positionne derrière elle, lui massant légèrement la zone endolorie d’un geste expert. Muriel ne peut s’empêcher de pousser un petit soupir de bien-être.

–          Hmm, ça fait du bien… Vous êtes très douée !

–          Et tu n’as pas tout vu !

L’inconnue lui prend la main d’un geste autoritaire, l’entraînant vers l’extérieur. Elles émergent dans la nuit moite, auréolée des néons et ampoules qui éclairent le patio festif. En découvrant plusieurs personnes qui discutent ou flirtent un peu partout,  elle résiste un peu, inquiète. La femme éclate de rire.

–    N’aie pas peur, je ne vais pas te violer. Juste discuter avec toi… Comment une jolie fille comme toi, non libertine, a atterri ici ? Cela m’intrigue et j’aimerai bien connaitre ton histoire… Au fait, je me prénomme Coralie.

–          Muriel.

–          Enchantée, Muriel. Allez, viens, l’air frais va te faire du bien…

Coralie exhale un gros soupir, fronce son joli petit front d’un air pensif, puis finit par secouer énergiquement la tête en déclarant d’un air convaincu :

–    Non, je maintiens ce que j’ai dit. Beaucoup de couples viennent à l’échangisme pour chercher de nouvelles sources d’excitation et fuir ainsi la routine. Il n’y a pas de pire ennemie que la monotonie. Avec le temps on finit par se persuader que l’amour de l’autre nous est acquis de façon définitive, et c’est ainsi que l’on ne fait plus d’efforts pour plaire, on ne fait plus attention, on néglige son apparence et on en oublie l’importance de la séduction. Boulot-dodo, le stress, les enfants qui accaparent toute l’énergie, les problèmes quotidiens de la vie, tout cela fait que les couples délaissent sans le vouloir leur intimité. Alors, moins de désirs sexuels, moins d’amour, et voilà pourquoi autant de couples divorcent. Or le libertinage est la solution idéale pour ne pas tomber dans le piège de la monotonie. Du coup, les couples pimentent leur vie sexuelle, transgressent ensemble des interdits, et surtout font beaucoup plus d’efforts pour se plaire mutuellement et pour plaire aussi à leurs futurs partenaires.

– Tu exagères. Des couples qui s’éclatent ensemble au lit peuvent très bien en venir au libertinage pour d’autres raisons. Simplement pour assouvir une libido au-dessus de la moyenne, aller toujours plus loin dans la réalisation de leurs désirs.

Muriel finit son verre d’un trait, assez vite pour que l’on ne remarque pas sa main qui tremble.

Elle en a appris beaucoup sur certaines pratiques de tous ces couples libertins qui, autour d’elles, semblent amoureux et complices, soudés par un lien indéfectible. Mais il lui en faut beaucoup plus pour être convaincue du bien-fondé de cette sexualité non-conformiste… Après avoir vue son mari s’éclater comme un fou avec une libertine, il est vrai aussi qu’elle manque d’objectivité, encore sous l’effet de la colère.

La polémique entre l’homme et Coralie dure depuis une bonne demi-heure, où chacun reste farouchement campé sur ses positions, et ne fait pas avancer le débat d’un pouce. Coralie a trouvé un interlocuteur aussi tenace et obtus, un bourgeois branché, pseudo- intellectuel aux idées bien arrêtées. D’emblée, Muriel ne l’a pas aimé, et les minutes qui ont suivi n’ont fait que confirmer cette première impression. Elle laisse son regard se fixer sur le chèvrefeuille qui grimpe sur la pergola, suit distraitement les branches qui se croisent et s’entrecroisent au-dessus de leur tête. Elle se laisse griser par ce parfum délicieux, prenant sans le savoir une expression heureuse. Tout est bon pour se changer les idées, ne plus penser à son mari et  à ce qu’il est en train de faire avec sa jolie libertine. Alors elle se concentre sur tout ce qui l’entoure.

Les invités, pour la plupart, sont charmants, originaux, font preuves d’esprit, sans le moindre complexe. Deux femmes, jeunes et superbes, rayonnent d’une beauté provoquante, un peu vulgaire, et apparemment côtoient souvent Coralie dans le contexte libertin. C’est ainsi qu’elle avait appris peu avant le métier de l’une d’entre elles – Palombra, une volcanique brune italo-américaine – fière d’être call-girl et strip-teaseuse, et cela l’avait choquée un peu, mais à discuter avec des gens qui sortaient de l’ordinaire elle s’était sentie elle aussi un peu marginale, vivante, et surtout audacieuse.

Cette sensation est exaltante, comme une joyeuse ivresse, ce qui met sa sensibilité à fleur de peau. Tout cela est confus, cette attirance qu’elle veut refouler, ce genre de conflit intérieur qu’elle n’a jamais eu à affronter parce que son existence avait été jusqu’ici un modèle de conformité et de droiture. Désorientée, elle sent la panique remonter à la surface, avec ces images crues et troublantes de son mari et cette belle inconnue.

Coralie sent son malaise et tente de la détendre, se penchant vers elle sur un ton de confidence :

–          Ne sois pas si nerveuse, tu ne coures aucun risque… Dans le milieu échangiste, c’est toujours la femme qui est seule maîtresse à bord. Tout est permis mais rien n’est obligé. C’est à elle seule à décider, elle est un peu comme une reine qui a plein pouvoir, qui contrôle tout. Tu ne risques donc absolument rien. Sauf si tu en décides autrement…

Cette dernière réflexion assez lourde de sous-entendu n’est pas pour la rassurer. Encore une fois, elle maudit son insouciance. Elle se demande vraiment ce qui lui a pris de se rendre dans un endroit pareil. Libertinage et mondanité qui sont à mille lieux de son univers.

Coralie tente de la distraire.

–    Alors, qui a décidé de venir à notre petite fête ?

–    Personne. Le hasard, c’est tout. Un malheureux concours de circonstance dont je me serai bien passé…

–    Oui, continue, l’encourage Coralie, amusée de son air désabusé.

–    Rien. Me voilà juste cocue et impuissante, ce qui n’est pas pour me ravir.

–    Il fallait auparavant établir des règles ?

–    Quelles règles ?

–     Qui fait quoi avec qui, ensemble ou séparément, petits câlins ou relations complètes, avec ou sans pénétration…. Tout ce genre de petits détails qui peuvent être établis pour que chacun fasse ce qui lui plaît, dans la sérénité et le respect.

Elle ne cesse de l’observer d’un regard fixe et insistant. Rachel s’en trouve paralysée, le cœur battant soudainement plus vite. Bon sang, comment une telle femme pouvait exercer une telle fascination ? Et comment un si beau visage pouvait dégager d’un coup une telle perversité ? Ses grands yeux en amande sont en parfaite harmonie avec le doux ovale de son visage, ses traits sont sensuels, pimentés par une bouche chaude et généreuse. Ses cheveux noirs comme du jais rebondissent sur ses épaules, luisants, comme animés d’une vie propre, avec la même vitalité qui semble émaner de tous les atomes de son corps. Rachel a du mal à garder la tête froide et elle n’aime pas se sentir décontenancer. Elle en bafouille :

–      Je… non, c’est en tout bien tout honneur que je me retrouve ici, je ne savais pas, je viens de te le dire… Et je suis une femme sérieuse !

Sa réponse lui paraît stupide. Elle se retient pour ne pas se mordre les lèvres. Quelle idiote !

–     Je n’en doute pas, je te taquinais, c’est tout…  Et que penses-tu de tout ça ?

–     C’est… c’est étonnant.

–    Et rien ne te tente ? Ici, toutes les combinaisons sont possibles. Avec un homme. Deux hommes. Une femme ou plusieurs…

–     J’ai mon mari, cela me suffit.

–     Tu as raison. Un mari qui lui ne se gêne pas pour s’amuser de son côté ! Alors profites et fais-en autant.  Mais ne le fais pas avec un autre homme, tu n’y gagnerais rien au change… Au lit, ce sont tous les mêmes, aucune imagination… Mais, par contre, si tu recherches du renouveau et du grand frisson, essaies avec une femme… Là, tu seras très agréablement surprise.

–     Désolée, les femmes ne m’attirent pas.

–     Je n’ai donc aucune chance ? Dommage…

Muriel tente de dissimuler son malaise. L’atmosphère lourde et oppressante, chargée d’électricité et imprégnée d’un érotisme raffiné, la submerge encore d’une trop agréable façon. Elle se retrouve encore en pleine confusion, ressemblant à une petite fille perdue en plein sex-shop alors que des couples commencent à flirter sérieusement tout autour. Il faut dire que sa vie sexuelle est tout ce qu’il y’ a de plus traditionnelle, ne connaissant les baisers et les caresses que d’un seul homme depuis l’âge de seize ans. Mais, malgré cette expérience unique et exclusive, Muriel s’est toujours persuadée que l’on peut vivre pleinement une sexualité épanouie avec l’amour de sa vie, et que cela était certainement mieux qu’accumuler de nombreuses expériences ratées… Une façon comme une autre de se rassurer sans jamais aller chercher ailleurs, et sans oser imaginer qu’il pouvait y’ avoir beaucoup mieux ailleurs. L’ignorance est la meilleure protection, et elle se retrouve brutalement confronter à des gens qui prennent un plaisir fou à céder à toutes les tentations sans le moindre tabou, dans la diversité la plus inimaginable. De plus, la présence de Coralie lui donne l’impression d’être sur des charbons ardents, jouant avec le feu avec la plus irrésistible des tentatrices. Coralie dégage une telle aura de sensualité dans ses gestes, ses postures, qu’elle semble rayonner d’une force sulfureuse, ce qui la rend encore plus envoûtante. Et elle d’une beauté à couper le souffle dans sa robe moulante en soie qui, largement décolletée, laisse ses seins découverts. La ceinture qui l’enserre met admirablement en valeur sa taille souple et évasée.

Encore plus troublée, la gorge sèche, Muriel n’arrive plus à parler, de peur d’articuler un croassement autant inaudible que ridicule. Avec la souplesse d’un serpent, Coralie se lève et lui tend la main.

–     Viens.

Sa voix douce est comme une caresse.

Muriel se crispe sur sa chaise.

–     Pour quoi faire ?

–      Rien. Juste regarder. Tu me dis que les femmes ne t’attirent pas, mais je suis certaine que tu n’as jamais vu deux femmes ensemble. Alors comment peux-tu être si catégorique ? Viens juger par toi-même. Allez, n’aie pas peur… Tu ne risques rien, je te le promets.

C’est dans un état second qu’elle se laisse attraper par la main et se laisse guider à l’intérieur de la bâtisse.

Elle croise plein de monde sans les voir, comme aveugle, comme si c’était quelqu’un d’autre qui se laissait entraîner. Un univers de corps nus et de chairs entremêlées scintillent dans la pénombre, un foisonnement de couples et de positions variées qui lui donnent le vertige. C’est à peine si elle réalise que Coralie s’adresse au passage à une superbe blonde qui croise à cet instant leur chemin.

–    Fabienne, viens…

Docile, la jeune femme les suit. Toutes trois pénètrent dans une vaste chambre. Les bougies et la lumière tamisée de la pièce laissent de la pénombre vacillante dans les angles, éclairant surtout le grand lit à baldaquin d’un rouge vif posé en plein milieu de la chambre. Un œil circulaire dans la pièce la fait stopper net. Deux femmes à moitié nues flirtent outrageusement, se dévorant de la bouche comme des affamées. Muriel ne réussit qu’à émettre un son inarticulé, paralysée par la stupéfaction. Il est vrai que se retrouver seule avec des lesbiennes décadentes qui vous dévorent du regard a de quoi surprendre.

L’une des deux femmes, une brune magnifique, interrompt l’étreinte et pousse une exclamation ravie. C’est Palombra, une splendide créature exotique, mate de peau et aux formes voluptueuses. Sa compagne, une rousse flamboyante, arbore une moue satisfaite, enveloppant d’un long regard brûlant la silhouette élancée de la nouvelle venue. Il est évident que toutes les deux la trouvent à leur goût. Il serait difficile de réagir autrement. Muriel est splendide avec ses longs cheveux d’or qui roulent en crinière soyeuse sur ses épaules. Elle est vêtue avec élégance et sobriété, tout en noire, d’une longue robe en résille, avec un décolleté brodé et pailleté qui enserre sa petite poitrine. Les fines bretelles croisées dans son dos dévoilent ses épaules délicates, rehaussant la grâce de sa gorge et son cou graciles. Paniquée, elle veut faire demi-tour, mais Coralie la lâche en douceur au milieu de la chambre.

Muriel se fige dans un silence suffocant. Fabienne referme derrière elles la porte à clefs. Elle a dans les yeux une expression de joie sexuelle si effrayante que Muriel en a le souffle coupé. Elle se sent prise au piège, avec la sensation que la pièce se rétrécit brusquement, l’étouffant d’une appréhension irraisonnée, dans une chaleur moite et suffocante. Elle reste plantée là, tremblante et interdite, tandis que Coralie vient de s’installer sur le rebord du lit, une jambe pliée et l’autre se balançant doucement dans le vide, arborant une expression suave et contemplative. Elle s’étire comme une chatte amoureuse, cessant d’observer Muriel pour reporter son attention sur Fabienne. Muriel, d’instinct, se réfugie dans un coin d’ombre. La respiration sifflante, elle se contente d’observer les deux femmes qui se contemplent langoureusement.

–    Fabienne, montre à cette hétéro coincée ce que deux femmes peuvent faire ensemble…

Fabienne, avec une souplesse toute féline, s’approche de Coralie d’un pas lent et calculé. Comme conquise d’avance, cette dernière la regarde approcher avec impatience, déjà frémissante… Fabienne s’assoit à côté d’elle, l’enlace étroitement, son visage s’approche du sien, puis elle sort d’entre ses lèvres épaisses une langue frétillante qui agace les lèvres closes de sa compagne. Celle-ci entrouvre aussitôt sa bouche, répondant au baiser avec fougue. D’un geste doux, sans cesser de l’embrasser, Coralie s’empare de ses seins opulents et en caresse habilement les pointes dardées, par-dessus sa robe. Fabienne émet un long soupir extasié. Elle se colle davantage contre elle, lui caressant aussi les seins et en concentrant ses attouchements sur les mamelons. Un instant, elles cessent de s’échauffer pour tourner ensemble la tête vers Muriel :

–    Viens avec nous…

C’est une voix onctueuse, pleine de promesse. Elles l’invitent d’un geste à venir les rejoindre.

Muriel vacille, les jambes tremblantes. Jamais un spectacle ne lui a paru aussi beau, aussi esthétique, d’un érotisme intense. Mais de juste regarder à passer à l’acte, il y’ a un fossé qu’elle ne veut pas franchir. C’est éperdue qu’elle secoue négativement la tête. Les deux femmes haussent les épaules avec incompréhension, et l’ignorent en commençant à se dévêtir. Elles le font lentement, chacun de leur geste étant fait pour attiser le désir.

Puis elles arrêtent leur geste, juste en soutien-gorge, splendides dans leur impudeur et leur fierté, comme jouant avec leur désir qu’elles veulent entretenir le plus longtemps possible. Elles toisent leur future proie avec défi, en attendant la suite… Muriel ne bouge toujours pas. Alors les deux femmes se jettent l’une sur l’autre avec une faim brûlante, s’enlaçant et s’embrassant comme si leur vie en dépendait. Fabienne est celle qui s’échauffe le plus sérieusement, démarrant au quart de tour, alors que Coralie semble mieux maîtriser la situation.

L’urgence de passer à l’étape supérieure se brise net lorsque celle-ci, avec un petit sourire sadique, l’abandonne soudainement. Fabienne, frustrée, résiste à la tentation de se jeter sur cette femme joueuse qui la nargue impitoyablement. Son état est communicatif. Muriel est aussi brûlante de fièvre, si faible que la tête lui tourne et, pour échapper à un début de vertige, elle se laisse choir mollement sur un large fauteuil, contemplant la scène dans un état presque hypnotique. D’un geste dédaigneux, Coralie ordonne à Fabienne de s’éloigner, allant retrouver la brune et la rousse qui, nerveuses, se lassaient difficilement de ce simple rôle de voyeuse. D’un pas lent, Coralie s’approche maintenant de Rachel. Avec douceur, elle lui prend les mains et les porte jusqu’à ses seins. Muriel pousse un petit cri étranglé, puis son visage s’empourpre encore plus violemment.

–     Mais elle rougit ! Halète Fabienne de l’autre côté de la chambre.

Muriel veut retirer ses mains, mais l’autre la force à les garder sur sa poitrine. A travers le tissu du soutien-gorge, elle sent quand même les pointes se durcir au creux de ses mains, la piquant d’une délicieuse brûlure. Le désir la submerge à son tour, comme une vague immense. Figée sur place, elle porte un regard écarquillé sur cette lourde poitrine qu’elle touche malgré elle, puis détourne pudiquement les yeux tandis que le sang ne cesse de lui monter au visage.

–          Mais elle a l’air d’aimer ça !  s’écrie la sculpturale Palombra, de l’autre côté de la pièce.

Coralie ne répond pas. Elle saisit les deux mains de Muriel et l’oblige à se lever. La plus petite résistance lui aurait interdit d’insister, mais Muriel, telle une poupée de chiffon toute molle, sans volonté, se dresse sur ses jambes tremblantes et se laisse guider jusqu’au lit. Coralie appuie sur ses épaules pour la faire asseoir. C’est tremblante de tout son corps que Muriel se retrouve assise sur le rebord du lit, si confuse et éperdue qu’elle jette un regard apeuré autour d’elle avant de baisser timidement la tête.

Elle ne voit pas Coralie qui s’écarte, se tournant en même temps vers Palombra pour l’inviter d’un geste à approcher. Celle-ci ne se fait pas prier. Coralie prend plus de recul, cédant la place à la volcanique italo-américaine qui s’assoit doucement à côté de Muriel, se collant étroitement à elle. La chaleur de son corps et ses formes affriolantes provoquent instantanément une réaction nouvelle qu’elle ne peut maîtriser. Ni répulsion ou indifférence, mais une étrange bouffée de chaleur qui prend possession de tout son corps et lui noue l’estomac et le bas-ventre d’une excitation sans nom. Un dernier sursaut de conscience la fait réagir.

–     Attendez… Il ne faut pas…

Palombra tend la main et lui frôle l’avant-bras dans un geste d’apaisement. Muriel sursaute, relève lentement la tête.

–    Je suis mariée et fidèle et…

Palombra n’a qu’à tendre le cou pour la faire taire.

Ses lèvres humides et chaudes ont une infinie douceur, et Muriel gémit de surprise devant les délicieuses sollicitations de la langue qui s’est déjà habilement faufilée entre ses dents.
A SUIVRE..


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