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Trentenaires et échangistes : la multiplication des plaisirs

7 Déc 2017 | Par Moderatrice
Des couples de moins de trente ans nous racontent leurs expériences échangistes. Non que leur libido s’essouffle, mais pour multiplier les plaisirs. L'échangisme, la nouvelle pratique sexuelle à la mode ?

Les clubs échangistes trash pour couples usés ? Démodé. Les nouveaux échangistes sont jeunes, s’aiment et draguent à deux. Non que leur libido s’essouffle, mais pour multiplier les plaisirs. Pratiquer l'échangisme, au risque de faire exploser leur relation. 

L'échangisme "junior" : moins de 30 ans et de multiples amants

Le phénomène a quelques années. Une nouvelle génération de libertins, entre 18 et 35 ans, est en train de renouveler la clientèle des clubs et autres saunas spécialisés dans l'échangisme, apportant un sérieux lifting à ces lieux longtemps réservés aux duos essoufflés en quête de piment sexuel... Sur le Net, les sites de rencontres pour couples fleurissent avec, là aussi, des internautes « vingtenaires » de plus en plus nombreux. Draguer en ligne et recruter ses futurs partenaires en quelques clics, à la maison, derrière son écran, deviendrait presque un jeu d'enfant... L'acte est d'ailleurs facilité et démystifié par ce casting à domicile où l'on peut s'aventurer masqués, derrière des pseudos. Auparavant, malgré la tentation, une première expérience était plus onéreuse, plus laborieuse et nettement plus intimidante. 

Mais ce nouvel «échangisme junior» est-il vraiment différent ? «Il est plus ludique, résume le sociologue Daniel Welzer-Lang (1), plus festif et moins trash aussi. Ce phénomène grandissant est national et concerne des jeunes, issus de tous milieux sociaux, qui sont parfois ensemble depuis seulement quelques mois. A l'inverse de leurs aînés, qui cherchaient surtout à rallumer la flamme, les jeunes couples aspirent à s'amuser. Ils pratiquent une sexualité récréative, basée sur le jeu et les sex-toys: une sexualité dédramatisée.»

 Le sexe est bon pour la santé

Une sexualité en grande partie décomplexée par le discours ambiant: «Le sexe est bon pour la santé», martèlent en chœur médias et guides pratiques, livrant en bonus le mode d'emploi de l'orgasme multiple et les règles d'or pour le/la rendre fou/folle de vous. On incite à la performance, à l'hyper-jouissance, et les tabous et barrières tombent... «Avant, les femmes disaient: "Il n'y a que des affamés qui vont dans les boîtes échangistes", rappelle Nathalie Giraud, fondatrice de Piment rose (2). Elles avaient le sentiment que ces lieux les "objectifiaient".

Avec la nouvelle génération, les femmes deviennent sujets de leur propre désir. Celles qui pratiquent l'échangisme vont dans les clubs et les soirées pour s'amuser. Pour voir et se montrer, se sentir désirées sans être systématiquement assimilées à des "salopes", comme c'est le cas en boîte de nuit dès qu'on veut s'habiller un peu sexy... Elles revendiquent leur liberté et leur droit au plaisir ! Mais attention aux couples un peu fragiles: pratiquer l'échangisme peut endommager la rétine et le cœur.»

Transgresser les codes, se rebeller et revendiquer le «on va tout essayer», c'est finalement le propre de la jeunesse. Comme l'idée de tout partager, de ne faire qu'un et de tout vivre ensemble, fantasmes inclus. «Les jeunes cherchent, ils bricolent, ils veulent inventer d'autres schémas, poursuit Daniel Welzer-Lang. Face à la précarité du couple, ils refusent la frustration et choisissent de profiter de tout au maximum, tout de suite, puisqu'ils ne savent pas combien de temps ils vont rester ensemble... En explorant toute la palette des rôles dans le rapport homme-femme, ils sont en train de créer un nouveau couple.»

Trentenaire et échangiste : "L'échangisme c'est du fun, rien de plus"

Céline, 19 ans, étudiante en médecine, en couple depuis deux ans et demi avec Carlos, 21 ans.

"On était ensemble depuis un an quand on a eu notre première expérience avec une fille. C'était doux, tendre et super-excitant... J'avais peur d'être jalouse, de perdre Carlos, mais j'ai très vite compris qu'une aventure échangiste ne pouvait pas mettre notre histoire en danger. C'est du fun, rien de plus ! On a continué, depuis, avec des couples rencontrés sur Internet. On peut passer des soirées échangistes entières à dialoguer sur les sites spécialisés. Quand un couple nous séduit, on envoie des photos, on se jauge via la webcam, on s'apprivoise et on teste nos attirances... un peu comme dans une boîte de nuit, quoi! Certains envoient aussi des films pornos amateurs; ça permet parfois d'éviter de mauvaises surprises!

Après, si le courant passe et que les quatre se plaisent, on se retrouve en club échangiste, ou bien directement chez eux ou à la maison. La phase de l'echangisme que je préfère, c'est le moment où on « sélectionne », où on drague ensemble. Le désir monte... Mais j'adore aussi lorsqu'on se retrouve tous les deux, après une soirée à plusieurs: quand il me revient après avoir connu d'autres corps, d'autres odeurs, d'autres sensations. Ce sont les tabous, les non-dits, les frustrations qui cassent les couples. Autour de moi, j'ai plein de copines qui, au bout de trois mois de relation, trompent leur mec - ou l'inverse - parce qu'elles s'ennuient déjà. Pourquoi laisser la routine s'installer? Avec Carlos, on est très branchés sexe, on a besoin de vibrer nous aussi, mais pas séparément. On est scotchés, on fait tout ensemble. Y compris l'amour avec des femmes, des hommes... ou seulement tous les deux. (Rires.)

Trentenaire et échangiste : "L’échangisme m’a décomplexée. Je me sens plus désirable"

Karine, 28 ans, banquière, mariée, mère de deux enfants.

"Au bout de six années de mariage, côté sexe, ça commençait à tourner au «devoir conjugal», avec câlins à heures fixes ou migraines féminine et/ou masculine à répétitions... J'ai eu peur de perdre Loïc. Que notre histoire se fasse ronger par le manque de temps, d'attention, de désir surtout. C'est moi qui ai proposé à Loïc de tenter une expérience dans un club libertin. J'avais lu un article dans un magazine féminin, et l'idée avait fait son chemin. Loïc a d'abord halluciné mais j'ai tout de suite su qu'il était emballé. La première fois qu'on est allés dans une boîte échangiste, on a failli se dégonfler à la dernière minute et décommander la baby-sitter. Mais une fois sur place, on a tout de suite été séduits par l'atmosphère hypersensuelle du lieu. Surtout moi, en fait: j'étais hypnotisée.

Ce soir-là, nous avons juste regardé, et sommes rentrés super-excités à la maison! Ensuite tout a été très progressif. On a d'abord pratiqué le «côte-à-côtisme» (l'amour à côté d'autres couples, ndlr), puis le «mélangisme» (l'amour sans pénétration, ndlr). Au tout début, on était accro. (Rires.) On y allait quasiment tous les soirs quand les enfants étaient en vacances. Il y a un vrai plaisir à transgresser ensemble les interdits, sans que les proches soient au courant. Comme deux enfants qui se cachent pour faire une bêtise. Mais il faut faire attention, car ça a un côté grisant, et certains couples ne font plus que ça...

Nous, ça nous a permis de retrouver une sexualité malgré les impératifs du quotidien. Moi, l'échangisme m'a décomplexée : je me sens plus belle, plus désirable qu'avant. Dans les clubs échangistes, on peut s'habiller sexy sans être considérée comme une pute! J'ai surtout réalisé qu'on peut être une fille bien et adorer le sexe. (Rires.) Je pense que beaucoup de gens aimeraient essayer, mais n'osent pas. Il faut du cran pour se lancer... Aujourd'hui, on va arrêter l'échangisme car on a un nouveau projet: avoir un troisième enfant. 

Trentenaire et échangiste : "L'échangisme, c’est drôle et grisant"

Mélanie, 25 ans, commerciale, et Eric, 26 ans, en couple depuis quatre ans.

C'est une copine d'Eric, mon homme, qui nous a parlé des sites de rencontres entre couples. Moi, j'étais persuadée que l'échangisme était réservé aux vieux en manque de libido... Alors on est allés voir, pour se marrer. Mais sur le Net tout va en accéléré. Très vite, on s'échange tout: les mails, les photos, les numéros et, enfin, les partenaires. (Rires.)

Nous, au départ, on a mis une photo de nous un peu floue. En quelques minutes, on s'est fait brancher par plein de gens! C'était drôle et grisant. Ils nous faisaient des compliments, j'étais fière de nous, de notre couple. Un soir où on avait un peu bu, on a donné rendez-vous à un couple dans un café, un lieu neutre. La fille est arrivée: une bombe! Hyperclasse, hypersexy. Depuis j'ai un peu changé ma garde-robe. (Rires.) Je dépense une fortune en lingerie, j'adore me faire un look de pin-up, avec bustier, porte-jarretelles, rouge à lèvres vif... Et Eric est ravi quand je me déguise en femme. (Rires.)

On les a revus deux fois. A chaque fois, on finissait par faire l'amour chez eux (chez nous, je n'aimerais pas). Bizarrement j'embrassais la fille mais pas son copain - vis-à-vis d'Eric. Et puis je dois avouer que j'adore faire l'amour avec une femme... Après on a continué à rencontrer des gens, sur d'autres sites. Chaque aventure est unique. Bien sûr, parfois c'est complètement raté. Le pire, c'est quand on sent que l'un des deux est jaloux ou que la fille se force un peu. Dans ces cas-là, on préfère s'abstenir et faire l'amour rien que tous les deux, en amoureux. 

Trentenaire et échangiste : "On fuit l'ennui d'une sexualité monogame"

Jean, 37 ans, journaliste, en couple depuis sept ans avec Suzanne, 27 ans. 

J'avais 30 ans, Suzanne 20. On était ensemble depuis six mois. C'est elle qui a lancé l'idée. On est allés dans une boîte échangiste parisienne, l'une des plus connues. Pour un baptême, il valait mieux mettre la barre haut. Certains amis ont essayé avec des adresses moins glamour et n'ont jamais recommencé... Suzanne portait des bottes plates et un pantalon. On est entrés malgré tout, la patronne nous a trouvés «mignons comme tout» et a prêté une jupe et des chaussures à talons à Suzanne. En fait, c'est surtout moi qui appréhendais...

On a pris un verre au bar, puis on a commencé à se balader, regarder, écouter. Des femmes, parfois très belles, déambulaient en robes transparentes. Sur la piste de danse, des filles dansaient en string ou seins nus. Nous, on se tenait la main, pas mal impressionnés... Puis on est allés dans les coins câlins. C'était très excitant de voir ces inconnus se caresser, se donner du plaisir. Très vite on est allés faire l'amour dans une alcôve. Quelques personnes sont venues nous regarder. Je n'aurais jamais pensé que ça puisse être aussi agréable d'avoir un public !

Mais j'ai été totalement déstabilisé quand j'ai vu Suzanne à quatre pattes avec un type. Là, j'ai retrouvé mes réflexes de jalousie. J'ai eu peur de ne plus l'aimer... Aujourd'hui, c'est devenu complètement naturel. J'éprouve un vrai plaisir à voir la femme que j'aime prendre du plaisir. Pour nous, c'est un jeu. On fuit l'ennui d'une sexualité monogame. L'échangisme exige une complicité totale. Pour nous, la jalousie est une pathologie : personne n'appartient à personne. Mais le top, c'est quand on rentre et que j'ai, quand même, le sentiment qu'elle me revient... (Rires.) C'est très ambigu. 

Trentenaire et échangiste : "L'échangisme est devenu un mode de vie, caché"

Vanessa, 24 ans, coiffeuse, en couple depuis huit ans avec Nicolas, 27 ans.  

Nico était mon premier et unique amant depuis six ans, et j'avais envie de vivre d'autres expériences. J'étais curieuse, je me sentais un peu «anormale» par rapport à mes amies. Mais je n'avais pas le courage de le lui dire. Ni envie de le tromper ou de le quitter. Je m'étais raisonnée en pensant que c'était juste un fantasme, jusqu'au jour où je me suis fait draguer dans une boîte par une fille. Avec Nico, on a commencé par plaisanter sur cette attirance, puis on s'est retrouvés chez elle et on a fini par faire l'amour tous les trois. 

Je me sens encore jalouse, parfois. Mais très vite le côté charnel prend le dessus.

Le lendemain, une fois seuls, Nico et moi, on a fait l'amour comme jamais! On a revu cette fille trois fois: c'était toujours aussi intense et troublant. Puis on a décidé de tenter l'expérience avec un homme rencontré sur un site. Là, ça a été beaucoup moins simple car Nico s'est senti jaloux et on est partis sans rien faire. Pour dépasser ce blocage, on s'est imposé des règles, progressivement. Moi aussi je me sens encore jalouse, parfois. Quand je le vois avec une autre femme, J'ai toujours d'abord le cœur qui se serre. Mais très vite le côté charnel prend le dessus. Notre mot d'ordre c'est: «Du plaisir et encore du plaisir!» Il y a eu une période où on participait à des soirées chaque week-end. On connaît presque tous les jeunes de la région. (Rires.) On fête nos anniversaires ensemble. Pour nous, l'échangisme est devenu un mode de vie, caché.

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